Le Temps des cerises
 
de Jean-Paul Le Chanois
Entretiens avec Philippe Esnault

Institut Lumière / Actes Sud
Publié grâce au soutien de la SACD


ISBN 2-7427-0673-9

1996 - 367 pages - 24,09 Euros

Réf. 000013
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"Gabin me disait : "Duvivier s'occupe de la technique", et avec le gros (il appelait toujours Renoir de cette manière), on ne comprend pas, puis d'un coup, il a une idée et c'est bien !" Gabin ajoutait : "vous, vous êtes un mélange des deux. Il aurait été préférable que vous soyez l'un ou l'autre." Cette phrase de Jean Gabin illustre avec une grande justesse la situation de Jean-Paul Le Chanois dans l'histoire du cinéma français. (...)
Comédien chez Ophuls, assistant pour Tourneur et Renoir, monteur pour Buñuel et Litvak, scénariste, adaptateur et dialoguiste, Le Chanois travaille aussi avec Korda, Duvivier, Epstein. En 1936, année où il devient réalisateur pour le Parti, il cumule les responsabilités de secrétaire général de la Fédération du théâtre ouvrier français, de directeur de production (La Vie est à nous de Jean Renoir) et de monteur (España leal en armas, Madrid 36 de Luis Buñuel). Il réalisera des pièces radiophoniques et écrira des chansons pour Edith Piaf, Germaine Montero, Yves Montand...
"J'aime le cinéma poulaire, les clichés, les rimes des chansonnettes" professait Jacques Demy. Le Chanois fut aussi l'un des plus brillants cinéastes à succès des années cinquante. Un tel personnage invite à adopter une vision transversale de l'histoire du cinéma et ses propos obligent à accoler d'autres grilles de lecture que le schéma traditionnel de la hiérarchie des oeuvres.
"... Je me souviens de Papa, maman, la bonne et moi.. Je me souviens du film de Louis Daquin, L'École buissonnière, avec Bernard Blier..." Petits morceaux de quotidien pour une mémoire de la vie quotidienne : Georges Pérec se trompe d'auteur mais se souvient des images. Qu'importe le nom des artisans du cinéma populaire si l'on se souvient de leurs films. Jean-Paul Le Chanois fut un cinéaste populaire.
Laurent Billia (extraits de la préface)

Gabin, Renoir, Duvivier, le Front populaire, l'Occupation, la résistance, l'après-guerre : dans cette guirlande de témoignages, c'est la grande histoire du siècle aperçue par la petite porte du cinéma qui apparaît sous nos yeux. Le Temps des cerises ranime l'effervescence de l'âge d'or du cinéma français. On y découvre, grâce à Philippe Esnault, autre chose et mieux qu'un cinéaste : un homme et son temps.




 
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