| Les films Lumière | |||
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| Vue n°91 Sortie d'Usine I (le premier film) © Association Frères Lumière | |||
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L’année suivante, le système des concessions est abandonné, sans doute en raison de la multiplicité des postes de projection et de leur éloignement géographique qui rendait difficile la centralisation depuis Lyon, mais aussi en raison de la concurrence qui discute âprement à Lumière le monopole des premiers mois. Le matériel de projection, de prise de vue et les films sont alors mis en vente, d’abord aux concessionnaires et à des opérateurs désirant se mettre à leur compte, puis au public à partir de mai 1897. Divers catalogues de vente sont édités en plusieurs langues et présentent la liste des vues et du matériel cinématographique disponibles. La production connaît ensuite un net ralentissement (815 vues tournées de 1895 à 1897, 613 de 1898 à 1905), et se nourrit essentiellement des vues rapportées par quelques opérateurs encore en liaison avec la maison Lumière, comme Alexandre Promio ou Gabriel Veyre, et de celles envoyés à Lyon par d’anciens concessionnaires ayant acquis des Cinématographes, comme Vittorio Calcina en Italie. |
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Le véritable déclin de la production commence à partir de 1901, année où moins de 50 films - de moins d’une minute, rappelons-le - sont tournés. Ensuite, les nouveautés seront seulement quelques actualités et quelques tentatives de films à trucs en plusieurs bobines qui ne suffiront pas à renouer avec les faveurs du public. Les projections du Cinématographe à Lyon cessent en juillet 1902, et en 1907 paraît le dernier catalogue de vues Lumière, en fait la simple réedition de celui de 1905. Dès lors, le seul lien de la société Lumière avec le cinéma sera la fabrication de pellicule, dorénavant au standard de 4 perforations rectangulaires de chaque côté de l’image. Dans les années 30, Louis Lumière continuera de son côté à inventer des procédés de cinéma en relief puis de cinéma en couleurs par l’Autochrome pour tenter d’améliorer la reproduction de la réalité à l’écran. |
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Sur le plan de l’histoire du cinéma, la conservation quasi complète de cette production permet d’avoir un nouveau regard sur ces films. Longtemps dépeints comme peu inventifs sur le plan formel car invariablements tournés en cadre fixe et en une seule prise, les vues Lumière présentent pourtant une centaine de travellings (ou "panoramas " comme on le disait à l’époque) et autant de bandes constituées de plusieurs plans. La valeur de leurs images préservées tient aussi dans le témoignage qu’elles apportent sur le tournant du siècle, à la fois par l’intérêt documentaire de leur contenu et par les choix des sujets qui reflète une vision partiale et partielle sur le monde et donc l’idéologie du moment. Ces comédies, ces expositions, ces vues de villes et de paysages, ces scènes de la vie quotidienne où apparaîssent à l’occasion des membres de la famille Lumière, mais aussi ces actualités officielles et ces défilés et autres exercices militaires (en forte proportion) sont autant de facettes qui forment un voyage de 24 heures à passer en compagnie des Lumière... |
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